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 Le village de l'Allemand, de Boualem Sansal Voir le sujet suivant
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viveleslivres
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MessagePosté le: 23 Mar 2008 à 12:14    Sujet du message:  Le village de l'Allemand, de Boualem Sansal Répondre en citantRevenir en haut

Le village de l'Allemand, ou Le journal des frères Schiller, de Boualem Sansal


Résumé du 4e de couverture : Les narrateurs sont deux frères nés de mère algérienne et de père allemand. Ils ont été élevés par un vieil oncle immigré dans une cité de la banlieue parisienne, tandis que leurs parents restaient dans leur village d’Aïn Deb, près de Sétif. En 1994, le GIA massacre une partie de la population du bourg. Pour les deux fils, le deuil va se doubler d’une douleur bien plus atroce : la révélation de ce que fut leur père, cet Allemand qui jouissait du titre prestigieux de moudjahid.
Basé sur une histoire authentique, le roman propose une réflexion véhémente et profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi. Il relie trois épisodes à la fois dissemblables et proches : la Shoah, vue à travers le regard d’un jeune Arabe qui découvre avec horreur la réalité de l’extermination de masse ; la sale guerre des années 1990 en Algérie ; la situation des banlieues françaises et en particulier la vie des Algériens qui s’y trouvent depuis deux générations dans un abandon croissant de la République. « À ce train, dit un personnage, parce que nos parents sont trop pieux et nos gamins trop naïfs, la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles. »


Mon résumé : C’est un roman à deux voix. Celle du jeune banlieusard qui découvre l’Histoire et son histoire, par l’intermédiaire du journal de son frère aîné suicidé quelques mois plus tôt. Et celle de ce frère mort, justement. L’alternance irrégulière des journaux nous fait voguer de la banlieue parisienne à l’Allemagne, l’Égypte, l’Algérie ou la Pologne.

Extraits : « C’est bête comme on ne connaît pas l’histoire de son pays. Je me demande combien dans le monde sont capables de raconter de A à Z, sans se perdre dans quelque beau rêve de secours, l’histoire de leur village, leur quartier, leur maison. Et sûrement très peu connaissent l’histoire de leur famille. Je ne le savais pas encore, notre propre histoire, surhumaine et folle, allait bientôt m’éclater à la gueule et me tuer. »

« On ne parle que de ça, la vraie vie, le paradis, la dinna comment ils disent, les houris, les compagnons du Prophète, les saints de l’Âge d’or, la civilisation de Dieu, la fraternité, puis on se sourit chevaleresquement en se donnant l’accolade des anciens combattants des guerres saintes et en pensant fortement à Jérusalem, El Qods comme ils disent. Au début, ça allait, on chantait pour le plaisir, puis d’autres sont arrivés, à leur tête un imam du GIA, et la gentille routine facultative a tourné au cauchemar en boucle, une folie si grande que nous étions fascinés. »

« Ça pue le vieux, le marginal, l’humide, la folie furieuse, l’inutile, le dégueulasse. Mort ou vif, un tortionnaire est un tortionnaire. Ce pauvre Jean 92 aurait dû mourir avant de naître, en tout cas au moment où il se transformera en loup-garou du Troisième Reich. Des affiches crasseuses, des bouquins mal fichus, un livre d’heures dans sa housse de coton, des catalogues pour chasseurs, déplumés jusqu’à la tranche, des fanions décolorés, des lettres désespérantes, des photos encore plus désespérantes, des cahiers bourrés de fiel, des tracts à vomir. Il m’a proposé le paquet pour deux cents francs. »


Ma critique : Ce livre est intéressant à de nombreux points de vue. La manière assez originale d’approcher les abominations de la guerre 39-45, les camps de concentration et d’extermination notamment. L’idée des deux journaux aussi est bonne. Les deux frères approchent la révélation du passé de leur père très différemment, différence due, sans doute, à la manière dont ils l’ont découverte et à leur caractère. En dessous du thème explicite du nazisme, un deuxième apparaît : la transmission, la « psycho-généalogie », l’expiation des fautes parentales... Au début, il est difficile de se le rappeler, mais il ne faut pas confondre les opinions/réactions des personnages et de l’auteur.. Cependant, les journaux sont plutôt réalistes, surtout celui de l’aîné, Rachel, et j’ai été agacée parfois de la complaisance dans le malheur, mais tout de suite après vient celui du frère cadet qui dit lui-même « J’ai résumé, j’ai pris le meilleur, le reste est un vrai bla-bla de mosquée. ». Un point négatif : de belles phrases réfléchies et littéraires dans la bouche ou plutôt le journal du frère qui habite en banlieue, a quitté l’école bien tôt, qui dit par ailleurs « un truc s’est cassé dans sa tête », ça n’est pas crédible. Il faut savoir équilibrer entre les phrases que l’on veut absolument caser et la cohérence de la langue d’un personnage. Je regrette la fin qui n’est pas une « résolution ». Cela donne un certain effet, mais dans un tel livre qui fait des parallèles entre l’islamisation des banlieues, la « dictature » des imams et le nazisme, on a envie, besoin même, d’une touche d’espoir à la fin. Je me retiendrai de révéler le dernier chapitre, mais s’il n’est pas surprenant, on est déçu qu’il ne soit pas autre, que l’auteur n’ait pas simplement inversé les deux derniers. J’ai eu l’impression de revenir à zéro, et dans ce cas-là, pourquoi avoir écrit ce livre ?

Note : 15,5/20

Détails pratiques : - nrf chez Gallimard
- 17 €
- 254 pages


Autres : Fait partie de la sélection du Prix du Roman Ouest-France – Étonnants Voyageurs.

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Rêvelin
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Loisirs: alors lecture ( 5 livres à la semaine minimum, question de survie lol ), poète, phiol, astronomie, échecs, équitation, aïkido, rigoler !!

MessagePosté le: 23 Juin 2008 à 16:04    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

Tiens mais les débats de sont pas finis ... Très heureux

Ce livre est tout simplement écrasant, de vérité, de style, de réflexions, de faits.
Il a un goût, une odeur, âcre, acide, que l'on ne peut ignorer.
On ne peut tout simplement pas y échapper.
On en ressort changé, on prend le poids des vies décrites sur nos épaules, on ne voit plus la vie et la guerre de la même manière. C'est épatant d'avoir pu innové sur ce thème alors que tant de livres ont été écrits ...
Aucun jugement n'est formulé sur le choix des personnages par rapport à la faute de leur père. La mort de l'un, la vie de l'autre, peu importe, c'est un choix et aucun n'est répréhensible.
Le regard sur les banlieues et la corruption islamique est intéressant au possible et invite à regarder autour de nous.
Lisez le !!

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Rêvelin poète perdu dans sa propre imagination
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