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 Caravansérail, de Charif Majdalani Voir le sujet suivant
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viveleslivres
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MessagePosté le: 22 Juin 2008 à 22:26    Sujet du message:  Caravansérail, de Charif Majdalani Répondre en citantRevenir en haut

Caravansérail, de Charif Majdalani


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Résumé du 4e de couverture : Au début du XXe siècle, la rencontre d’un colonel anglais excentrique transforme Samuel Ayyad, un jeune Libanais aventureux, en une sorte de condottiere guerroyant au Darfour et au Kodorfan, aux confins du Soudan et du Tchad. Un jour, sa route croise celle d’un compatriote qui transporte à travers déserts et savanes, démonté et chargé à dos de chameau, un petit palais arabe qu’il espère vendre à quelque roitelet africain épris de faste. Samuel lui achète son encombrant bagage, avec l’idée de le ramener à Beyrouth. Mais entre-temps, la Première Guerre Mondiale a éclaté et avant de revoir son Ithaque, notre moderne Ulysse vivra une odyssée qui le mènera, à la tête de la caravane portant son palais en pièces détachées, entre pillards et patrouilles ottomanes, le long du Nil puis à travers l’Arabie et la Syrie soulevées par Fayçal et Lawrence, jusqu’aux neiges du Mont-Liban.

Mon résumé : Le narrateur raconte l’histoire de son grand-père, Samuel Ayyad. Le récit se passe au début du XXe, du Soudan au Liban, en traversant bien sûr l’Égypte. Ce héros que le rédacteur du 4e de couverture appelle « Ulysse moderne » en est effectivement un. Il est libanais, une sorte de relais auprès de populations locales de l’armée britannique, car il parle plusieurs langues (français, anglais, arabe...) et peut discuter avec des chefs et des sultans. Il fait des rencontres plus incroyables les une que les autres, voyageant à cheval ou à dos de chameau dans le désert. Il rencontrera un marchand qui récupérait des meubles anciens dans de vieilles maisons et qui est tombé amoureux d’un palais, au point de le transporter avec lui partout grâce à un long convoi de chameaux, dans l’espoir de le vendre à un riche chef de tribu de la région. Samuel l’escortera, mettra l’argent britannique à sa disposition, et finira par acheter le palais pour le ramener chez lui. Nous suivons son épopée...

Extraits : « Tout le monde est alors satisfait et on se met à manger, assis à une table dressée au milieu de la savane. Des lampes illuminent le festin et les grandes ombres qu’elles projettent, les couleurs pourpres des tapis jetés sur le sable, les soldats érigés en serveurs et le campement alentour qui bruit doucement, tout donne à la scène une allure royale. »

« Il y a quelques belles portes, des fenêtres travaillées, un bassin de marbre à la mauresque, un petit moucharabieh et deux cheminées en pierre sculptées comme de grosses cloches pointues, mais aussi un mur peint d’oiseaux et de fontaines, un plafond et un escalier ouvragés et même quatre grands miroirs dans des cadres de bronze, rescapés du temps où les produits de la piraterie alimentaient les marchés de la ville. Le propriétaire est un négociant en dattes et fruits secs, en burnous blanc et babouches, qui fait visiter le bâtiment habité par les poules et les chèvres du voisinage. Quand, en enjambant une poutre chue d’un toit, Abyad demande ce que le négociant exige pour les boiseries, les portes, le plafond et aussi les miroirs, ce dernier réfléchit, il a un passe-temps aux grains d’ambre et un air un peu matois, il marmonne des comptes, puis, de l’air de quelqu’un qui vous donne en solde et pour le prix d’un kilo son stock d’oranges menacées de pourriture, il propose à Abyad d’acheter tout le monument pour le prix des boiseries et du miroir. »

« Il se débarrasse de cet étrange sac qu’il porte en bandoulière et qui semble extrêmement pesant, le pose entre lui et Samuel comme une outre, l’ouvre, et après y avoir plongé les deux mains comme on fait dans un sac d’or, il en sort une tête, une tête coupée, non pas une tête véritable, mais l’extraordinaire tête d’un dieu, ou plutôt d’une déesse, sculptée dans une pierre rougeâtre, les yeux largement ouverts, la bouche esquissant un sourire, les cheveux bouclés comme ceux des Arabes de la péninsule et tenus par un bandeau à la manière grecque, une tête de statue hellénisante qui d’un seul coup métamorphose l’ambiance de la tente, concentre et exalte l’air, les couleurs et les formes autour d’elle. Devant la stupéfaction de Samuel, d’Argès à nouveau sourit et rappelle qu’il est archéologue, il explique que cette tête de déesse provient de la région de Modaïn Salik, c’est celle de la déesse Al Lat, ou celle d’All Uzza, ou d’Atargatis, engin, l’une des déesses que vénéraient les Nabatéens et les Ghassanides, qu’il y en a beaucoup dans la même région mais que, désormais, il ne pourra plus, lui, y accéder. »

Critique : Des quatre de la sélection du prix St-Malo que j’avais lus lorsque j’ai fini celui-ci [L’incroyable histoire de Mademoiselle Paradis, L’homme sans empreintes, Le village de l’Allemand], c’est lui qui m’a fait le plus voyager. Il dépayse vraiment et très vite les pages blanches se sont transformées en dunes et les caractères noirs en chameaux traversant ce livre pour nous conduire jusqu’au point final. L’écriture n’est pas omniprésente et laisse beaucoup de place à l’intrigue. Cette « chameauchée » n’est pas trépidante pourtant de longues années sont contées en quelques pages. Le rythme est allant, sans nous essouffler. L’auteur parvient à nous plonger dans son monde brûlant en quelques lignes, on peut sortir et entrer dans ce livre avec simplicité, quoique sans facilité démesurée. Je ne sais finalement pas tellement quoi penser de cet ouvrage, qui, certes, m’a plu, mais ne me laissera sans doute pas de souvenir marquant. Ce n’est pas de la littérature facile mais ça ne demande pas d’effort démesuré à la lecture. L’univers nous entraîne, car ce n’est pas un des plus traités (du moins dans la littérature française), mais on se manque parfois de références plus ou moins nécessaires à la compréhension du contexte, ce qui peut être un peu laborieux... Certains jurés ont dit que l’auteur « hésitait entre un roman et un livre historique » ; je n’irais peut-être pas jusque là, mais ce n’est pas totalement faux.
Si vous avez envie de passer un bon moment, de vous changer les idées, je vous conseille ce livre. En revanche, si vous souhaitez sortir de votre lecture transformé et avoir matière à réflexion, alors choisissez peut-être autre chose !

Note : 15/20

Détails pratiques : - Éditions du Seuil
- 17 €
- 214 pages

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Rêvelin
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MessagePosté le: 23 Juin 2008 à 15:52    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

J'ai beaucoup aimé ce livre du prix ( auquel j'ai eu la chance de participer aussi ) !

Epopée d'Ulysse, conte oriental, roman d'histoire, anecdote ? Ce livre est semblable au vent du désir, il s'infiltre dans votre cœur sans que rien ne puisse l'arrêter. Bourré de petits récit anecdotique, il est lui même construis dans cette forme. Ce livre nous transporte au confins du Liban, en Égypte, en Arabie, d'un coup de plume. Ce rythme chameautique Très heureux se ressent dans notre corps au fur et à mesure du récit. Vous n'avez qu'à rester tranquillement sur la selle.

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MessagePosté le: 23 Juin 2008 à 15:58    Sujet du message:   Répondre en citantRevenir en haut

Bouh, quelle nulle !!
J'ai oublié de préciser qu'à une "conférence", Charif Majdalani comparait son livre à trois choses :
- Ulysse, pour le long retour chez soi
- Moïse, pour la façon dont il ramène un groupe de gens chez eux
- Sinbad, pour le viatique inattendu.

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